L’essentiel : calcul de l’indemnité de licenciement
- L’indemnité légale représente 1/4 de mois de salaire brut par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà de ce seuil.
- Ce montant varie fortement selon la convention collective : certains accords prévoient 1/3 de mois dès la première année, soit un gain pouvant atteindre 33 % par rapport au minimum légal.
- L’indemnité est due dès 8 mois d’ancienneté ininterrompus chez le même employeur, quel que soit le motif du licenciement (hors faute grave ou lourde).
- Point de vigilance : la fraction exonérée d’impôt peut atteindre 288 360 € pour les indemnités versées en 2026, mais au-delà de 480 600 €, aucune exonération de cotisations sociales ni de CSG-CRDS ne s’applique.
- Idée reçue à corriger : un salarié passé à temps partiel n’a pas droit à une indemnité calculée sur un équivalent temps plein, sauf exception liée au congé parental d’éducation.
Une indemnité de licenciement équivaut, au minimum, à un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années de présence dans l’entreprise. Ce chiffre grimpe à un tiers de mois au-delà, et peut être largement dépassé si votre convention collective prévoit une formule plus favorable. Entre le salaire de référence, l’ancienneté exacte et le motif de la rupture du contrat de travail, plusieurs paramètres influencent le résultat final. Voici comment les articuler pour obtenir un montant fiable.
Qui a droit à une indemnité de licenciement ?
L’indemnité légale concerne tout salarié en CDI justifiant d’au moins 8 mois d’ancienneté ininterrompus au service du même employeur. Elle s’applique en cas de licenciement pour motif personnel, économique, ou pour inaptitude, ainsi qu’en cas de cessation ou de dissolution de l’entreprise, sauf si celle-ci résulte d’un cas de force majeure.
En cas de décès du salarié après notification du licenciement, l’indemnité revient aux ayants droit. En revanche, une faute grave ou lourde prive le salarié de cette indemnité, sauf disposition contraire prévue par un accord collectif, un usage d’entreprise ou le contrat de travail lui-même.
Le calcul de l’ancienneté s’effectue à la date d’envoi de la lettre de licenciement, un détail qui échappe souvent aux salariés pressés de connaître leurs droits du salarié. Si vous hésitez sur la procédure à suivre après réception de ce courrier, consultez des modèles de lettres RH pour comprendre les étapes suivantes.
Comment se calcule le montant de l’indemnité légale ?
La formule dépend directement de l’ancienneté du salarié. Elle se décompose en deux paliers distincts, avec un mode de calcul propre à chaque tranche.
Ancienneté inférieure à 10 ans
Pour cette tranche, l’indemnité ne peut être inférieure à 1/4 de mois de salaire par année complète d’ancienneté. En cas d’année incomplète, le montant se calcule au prorata des mois travaillés.
Exemple : pour un salaire de référence de 1 500 €, une ancienneté de 3 ans et 6 mois donne le calcul suivant : (1 500 x 1/4 x 3) + (1 500 x 1/4 x 6/12) = 1 312,50 €. Ce type de calcul illustre bien pourquoi chaque mois compte réellement dans le résultat final.
Ancienneté supérieure à 10 ans
Au-delà de 10 années de présence, le calcul se scinde en deux blocs : 1/4 de mois pour les dix premières années, puis 1/3 de mois pour chaque année supplémentaire.
Exemple concret : avec un salaire de référence de 1 500 € et une ancienneté de 12 ans et 9 mois, le calcul donne [(1 500 x 1/4) x 10] + [(1 500 x 1/3) x 2] + [(1 500 x 1/3) x 9/12] = 5 125 €. La différence avec la tranche précédente devient vite significative sur une longue carrière.
| Profil / situation | Chiffre clé | Condition | Remarque |
|---|---|---|---|
| Ancienneté inférieure à 10 ans | 1/4 de mois par année | 8 mois d’ancienneté minimum | Calcul proratisé si année incomplète |
| Ancienneté supérieure à 10 ans | 1/3 de mois au-delà de 10 ans | Ancienneté continue chez le même employeur | Cumul des deux tranches de calcul |
| Faute grave ou lourde | 0 € (sauf accord contraire) | Qualification retenue par l’employeur | Contestable devant les prud’hommes |
| Temps partiel après temps plein | Calcul proportionnel par période | Périodes de travail distinctes | Exception en cas de congé parental à temps partiel |

Comment déterminer le salaire de référence ?
Le salaire de référence retient la formule la plus avantageuse pour le salarié entre deux méthodes de calcul. La première prend la moyenne mensuelle des 12 derniers mois précédant le licenciement.
La seconde retient la moyenne des 3 derniers mois, en intégrant les primes et gratifications au prorata du temps de travail. Si une prime annuelle a été versée, il faut en ajouter un douzième à chacun des trois mois de référence.
Un salarié en arrêt de travail pour maladie ou en temps partiel thérapeutique dans les mois précédant la rupture voit son salaire de référence calculé sur la période antérieure à cet arrêt. Ce mécanisme évite qu’une baisse temporaire de rémunération ne pénalise le calcul final. Pour approfondir les liens entre arrêt maladie et rupture du contrat, la page dédiée à l’arrêt maladie et licenciement détaille ces situations spécifiques.
Indemnité légale ou conventionnelle : laquelle s’applique réellement ?
Le principe de faveur en droit du travail impose de retenir le montant le plus avantageux pour le salarié. Une convention collective peut ainsi prévoir une formule bien plus généreuse que le minimum légal, notamment pour certains secteurs d’activité.
L’écart entre les deux régimes peut représenter plusieurs milliers d’euros selon l’ancienneté et le secteur concerné. Voici un aperçu comparatif de quelques branches professionnelles.
| Secteur / convention | Base légale | Base conventionnelle |
|---|---|---|
| Bureaux d’études (Syntec) | 1/4 mois par an (moins de 10 ans) | 1/3 mois dès la première année |
| Métallurgie | 1/4 mois par an | Grille selon la catégorie professionnelle |
| Banque | 1/4 mois par an | Jusqu’à 1 mois par an selon l’ancienneté |
Identifier sa convention collective avant tout calcul reste donc l’étape déterminante. Cette information figure généralement sur le bulletin de paie, sous la mention IDCC.
Quels sont les cas particuliers à connaître avant de calculer son indemnité ?
Certaines situations sortent du cadre classique et méritent une attention particulière avant tout calcul définitif.
- Faute grave ou lourde : aucune indemnité n’est due, sauf disposition conventionnelle ou contractuelle contraire.
- Temps partiel : le calcul se fait sur le salaire réel perçu, jamais sur un équivalent temps plein fictif.
- Congé parental à temps partiel : exception notable, l’indemnité se calcule sur la base du salaire à temps plein antérieur.
- Rupture d’un contrat intérimaire : les règles diffèrent totalement de celles d’un CDI, comme détaillé dans le guide sur la rupture de contrat intérimaire.
- Fin de période d’essai : aucune indemnité de licenciement n’est prévue, la procédure suit un régime distinct présenté sur la page dédiée à la rupture de période d’essai.
Ces exceptions montrent que le calcul standard ne s’applique pas uniformément à toutes les formes de rupture de contrat de travail. Vérifier sa situation exacte avant toute estimation évite bien des déconvenues.
Comment l’indemnité est-elle imposée et cumulée avec d’autres sommes ?
L’indemnité de licenciement se cumule avec plusieurs autres sommes dues au salarié : indemnité compensatrice de préavis, indemnité de congés payés, ou encore indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Ce cumul figure normalement dans le solde de tout compte remis à la fin du contrat.
Sur le plan fiscal, la fraction correspondant au montant légal ou conventionnel est intégralement exonérée d’impôt sur le revenu. Au-delà, l’exonération se limite au montant le plus favorable entre deux fois la rémunération brute annuelle précédente ou la moitié de l’indemnité perçue, dans la limite de 288 360 € pour les indemnités versées en 2026.
Côté cotisations sociales, l’exonération s’applique dans la limite de 96 120 €. Si l’indemnité dépasse 480 600 €, elle devient intégralement soumise aux cotisations sociales, à la CSG et à la CRDS, sans aucune exonération possible. Ces seuils élevés concernent surtout les cadres dirigeants percevant des indemnités transactionnelles importantes.
Une fois le montant net calculé, pensez également à vérifier le traitement des primes proratisées, notamment le 13e mois et ses conditions de calcul, qui influence directement le salaire de référence retenu pour l’indemnisation finale.
Mon employeur peut-il me verser moins que le minimum légal ?
Non, sauf en cas de faute grave ou lourde reconnue. Le montant légal constitue un plancher absolu, et si la convention collective prévoit mieux, c’est ce montant conventionnel qui devient le minimum applicable.
Combien de temps faut-il travailler pour avoir droit à l’indemnité ?
Il faut justifier d’au moins 8 mois d’ancienneté ininterrompus chez le même employeur à la date d’envoi de la lettre de licenciement, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
L’indemnité de licenciement est-elle totalement exonérée d’impôt ?
Elle l’est jusqu’à 288 360 € pour les indemnités versées en 2026, ou selon le calcul le plus favorable entre deux fois la rémunération annuelle brute et la moitié de l’indemnité perçue.
Que faire si mon employeur refuse de payer l’indemnité ?
Envoyez d’abord une mise en demeure, puis saisissez le conseil de prud’hommes si aucune réponse n’est apportée. Le délai de prescription pour les créances salariales est de 3 ans.
Un salarié à temps partiel touche-t-il une indemnité réduite ?
Non, l’indemnité se calcule sur le salaire réel perçu à temps partiel, sauf exception liée au congé parental d’éducation, où le salaire à temps plein antérieur sert de base.





